À première vue, une tabatière révèle ses matériaux : or, émail, pierre dure, peinture miniature. Mais en y regardant de plus près, un autre univers apparaît : portraits, fleurs, scènes mythologiques, paysages et allégories transforment ces objets miniatures en véritables porteurs de sens.
Au XVIIIᵉ siècle, une tabatière pouvait exprimer bien plus que le goût de son propriétaire. Elle pouvait témoigner d’une affection, d’une fidélité politique, d’un statut social, d’un souvenir, voire jouer un rôle diplomatique. Les boîtes en or ornées de portraits miniatures étaient particulièrement prisées et souvent offertes comme présents royaux aux ambassadeurs et aux membres de la cour. Un remarquable exemple conservé au Metropolitan Museum porte le portrait de Catherine la Grande, entouré d’une iconographie célébrant les vertus associées à la nouvelle impératrice : l’objet devient alors presque un message politique en miniature.
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C’est là l’un des plaisirs de l’expertise : la première rencontre est visuelle, la seconde intellectuelle. Pourquoi ce portrait, ces fleurs, cette pierre, cette inscription ? Qui l’a commandé, qui l’a reçu, qui l’a porté ? Chaque réponse ouvre une nouvelle porte, et les plus petits objets renferment parfois les plus grandes histoires.
Les collectionner, c’est recueillir des fragments de relations humaines.
